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Temps de transit colique
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Motricité ano-rectale et temps de transit colique chez la femme âgée.
Ce sujet, confié par le Pr. FOUET, a fait l'objet de notre thèse de médecine.
Les préoccupations liées aux troubles du transit et en particulier à la constipation
prennent, chez les sujets âgés, une grande importance et expliquent en partie
la demande et la prise de laxatifs irritants. Cette étude a porté sur 24 femmes
de plus de 65 ans (80±3 ans) hospitalisées dans des établissements de moyen
et long séjour : 13 patientes constipées (moins de 3 selles par semaine) et
11 ne se plaignant d'aucun trouble. Le temps de transit colique, global et
segmentaire, est mesuré en suivant le transit d'un bolus de 20 marqueurs radio
- opaques sur des clichés quotidiens d'abdomen sans préparation jusqu'à disparition
totale des marqueurs. Une étude de la fonction ano-rectale a également été
effectuée à l'aide d'une manométrie ano-rectale. Elle mesurait les pressions
rectale, anale et marginale et recherchait la présence d'un réflexe recto-anal
inhibiteur.
Les résultats ont été les suivants :
- Le temps de transit colique total et segmentaire est comparable dans les
deux populations étudiées.
- Le temps de transit dans le côlon droit est cependant supérieur aux valeurs
déterminées chez le sujet jeune;
La manométrie ano-rectale fournit des résultats comparables dans les deux
groupes, mais par rapport aux sujets jeunes, il existe une hypotonie du sphincter
anal interne et une augmentation de la pression rectale.
Cette étude a clairement montré que :
- la constipation est à la fois un symptôme et une plainte
- il n'existait pas de relations entre la fréquence des selles et le temps
de transit colique.
Variation du temps de transit colique au cours du sevrage chez l'alcoolique.
La diarrhée est un symptôme fréquent rencontré chez l'éthylique chronique. Ce trouble, souvent rapporté à la malabsorption secondaire à des phénomènes pariétaux ou intraluminaux, pourrait également être dû à un trouble de la motricité colique comme le suggèrent les études chez l'animal. Pour vérifier cette hypothèse, et étudier l'effet du sevrage alcoolique, nous avons mesuré l'évolution du temps de transit colique (TTC) total et segmentaire, au cours du sevrage alcoolique.
Vingt patients (6 femmes et 14 hommes), âgés de 29 à 62 ans (42,6 ± 2,3 ans), dont l'intoxication alcoolique était de 100 à 400 g/24 h (213 ± 18 g/24 h) ont subi une mesure du temps de transit colique à J4 et J10 après le début du sevrage. Le TTC a été mesuré à l'aide marqueurs radio-opaques dont 10 étaient ingérés tous les jours à 9 H. Un ASP de face couché permettait de mesurer le TTC total et segmentaire selon une méthode précédemment décrite.
Au cours du sevrage alcoolique
(
Figure)
il existe une augmentation significative du TTC total par augmentation du temps de transit recto-sigmoïdien. Ce résultat est à rapprocher des anomalies histologiques rectales décrites par d'autres auteurs.
Transit colique et anticorps antinucléaires.
Une élévation des anticorps antinucléaires natifs (FAN) a été rapporté chez six patients souffrant de troubles moteurs sévères indépendamment de toute connectivite. Le but de ce travail est de rechercher si une augmentation des FAN pouvait être retrouvée chez des patients souffrant de constipation.
A l'occasion de l'exploration d'une constipation sévère, chez 46 patients consécutifs (40 femmes), âgés de 5113 ans (MET), indemnes de toute maladie de système, un dosage des anticorps anti-ADN natifs ainsi qu'un test Crithidia Luciliae a été réalisé en complément d'une mesure du transit colique, réalisée selon la méthode que nous avons développé.
La mesure du temps de transit colique total et segmentaire a montré une inertie colique dans 28% des cas, un trouble de progression dans 15% des cas, une constipation terminale dans 24% des cas et un transit "normal" dans 33 % des cas. Chez tous les patients, le dosage des FAN a montré des taux compatibles avec la normale [<20%] (seuls deux patientes avaient un taux limite de 20%) et des tests Crithidia Luciliae négatifs. Il n'existait aucune corrélation entre le taux sérique des FAN et l'âge ou le temps de transit colique total ou segmentaire.
Le dosage systématique des FAN n'est pas utile dans le bilan étiologique d'une constipation.
Hétérogénéité du transit colique normal chez le sujet sain et le patient
présentant un colon irritable.
La mesure du temps de transit colique (TTC) est une méthode simple, économique de quantification du transit colique. Cependant les valeurs normales de ce test ont une répartition multimodale. Le but de cette étude est de décrire le transit colique chez une population de sujets normaux (T) et de patients souffrant de colon irritable (IBS) ayant un transit colique dans les limites de la normale (<70 h).
Chez 148 sujets témoins (63 femmes F) et 752 patients consécutifs souffrant d'IBS (558 F), le TTC a été étudié à l'aide de la méthode dite "un marqueur, un ASP" et caractérisé en utilisant 10 paramètres : transit segmentaire et total, stagnation segmentaire des marqueurs et vitesse de diffusion des marqueurs. Les populations ont été segmentées en utilisant la technique des k plus proches voisins.
Nous avons mis en évidence l'hétérogénéité des 4 populations étudiées (Hommes : H et F, T et IBS) ainsi que l'existence d'un sous-groupe de FT ayant un transit ralenti. Le principal critère de segmentation était la durée du transit oro-anal à l'exception des FT où le transit segmentaire était également discriminant.
Trois types de transit ont été définis pour l'ensemble de ces sujets : le transit court, celui de 24 heures et celui de 48 heures (Figure 18 et Figure 19). Cependant les patients IBS présentaient des différences significatives pour le transit segmentaire, la vitesse d'élimination des marqueurs ou le pourcentage de stagnation des marqueurs. Les femmes avaient dans les 2 populations un transit plus long que celui des hommes. Enfin, la symptomatologie fonctionnelle n'était pas reliée aux groupes définis, excepté la symptomatologie osophagienne plus fréquente chez les patients à transit court.
En conclusion, les populations T et IBS ne doivent donc pas être considérées comme des groupes homogènes.