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Reflux gastro-osophagien
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Relation entre motricité oesophagienne et RGO chez l'enfant bronchopathe.
Pour étudier les relations entre RGO et motricité osophagienne, nous avons
pratiqué chez 124 enfants hospitalisés pour broncho-pneumopathie sans signes
digestifs, une pH-mètrie de 7 heures dont 3 heures après un repas standardisé
et une manométrie osophagienne de longue durée (supérieure à 45 minutes).
Le sexe - ratio était de 3.9 garçons pour 1 fille. Les enfants étaient âgés
de 2.1 à 17.3 ans (7.1±0.3). L'analyse statistique a été réalisée à l'aide
de tests non paramétrique puisque les distributions n'étaient pas gaussiennes.
Plusieurs analyses multifactorielles ont également été pratiquées
(
Figure).
L'enregistrement pH-mètrique s'est fait à l'aide d'électrodes de verre (INGOLD
MI 506) posées 5 cm au-dessus du point d'inversion du pH. L'étude fournit
lors de chaque épreuve (pré- et postprandiale) 5 paramètres : pH de base,
pourcentage de temps de reflux, nombre de reflux par heure d'enregistrement,
pourcentage de temps de pH<4, constante de temps du plus grand reflux. L'étude
manométrique conduite à l'aide d'une sonde à ballonnets fournit 8 autres paramètres
: pression osophagienne, pourcentage des ondes péristaltiques et pourcentage
des ondes tertiaires 5 et 10 cm au-dessus du sphincter inférieur de l'osophage,
pression cardiale et pression gastrique.
Les résultats ont été les suivants :
- Il n'existe aucune corrélation entre l'âge et les 18 paramètres étudiés,
ni aucune différence selon le sexe de l'enfant ou la pathologie.
- Aucune crise de toux n'est survenue
au cours des différentes mesures.
- Aucun reflux alcalin n'a été enregistré.
Le pH du bas osophage est plus acide, le nombre et la durée des reflux ont
augmenté après le repas. Une analyse en composante principale montre que les
variables de chaque épreuve (pré ou post prandiale) sont fortement corrélées
entre elles. Cette méthode permet de classer les enfants en trois groupes
selon la gravité du reflux (faible ou nul, moyen et fort). Les sujets présentant
un RGO nul ou très faible ont une pression cardiale significativement plus
faible dans ceux ayant un reflux modéré (p<0.01). Par contre, les sujets présentant
un reflux très important ont une pression cardiale normale.
Les ondes tertiaires sont plus fréquentes 5 cm au-dessus du cardia que 10
cm au-dessus. Il existe une corrélation négative entre pression osophagienne
et fréquence des ondes tertiaires et entre péristaltisme et pression cardiale.
Il existe une corrélation négative entre le péristaltisme et le nombre et
la durée des reflux et positive entre la pression cardiale et la durée des
reflux.
Ces résultats montrent :
-La très grande dispersion des paramètres de reflux dans une population asymptomatique;
-La liaison existant entre RGO postprandial et motricité osophagienne, alors
que le reflux de l'enfant à jeun n'est pas lié à la motricité osophagienne;
-La pression cardiale n'est qu'un des éléments de la prévention du RGO.
Test acide chez les enfants asthmatiques.
Les résultats précédents montraient l'existence d'un RGO mais ne permettaient
pas de conclure à la pathogénicité du RGO chez les enfants bronchopathes.
Nous avons donc étudié l'effet de l'acidité osophagienne sur la résistance
bronchique de l'enfant asthmatique.
Cette étude a porté sur 15 enfants présentant un asthme grave (8±4 ans) et
qui ont été explorés du point de vue digestif par une pH-mètrie et une manométrie
osophagienne selon le protocole précédemment décrit. L'étude de la réponse
bronchique à des doses croissantes de carbachol avant et après perfusion lente
d'acide dans le tiers inférieur de l'osophage à l'aide d'une sonde intra-
osophagienne a permis de tester leur fonction respiratoire. Cette courbe dose
réponse fournit deux valeurs : la valeur seuil d'augmentation des résistances,
la sensibilité, et la pente de la droite de régression entre le logarithme
de la dose et la résistance, la réactivité.
Les résultats ont été les suivants :
- Pendant la perfusion acide, aucun
enfant n'a présenté de signe digestif ou respiratoire. La perfusion acide
(
Figure)
ne modifie pas la sensibilité, mais entraîne au contraire, une augmentation
de la réactivité bronchique. Cette augmentation est proportionnelle à la réactivité
des sujets. Un enfant ayant une faible réactivité avant le test acide aura
également une faible réactivité après le test acide.
- La réactivité est significativement
corrélée aux paramètres du reflux (temps de pH inférieur à 4 et constante
de temps).
Cette étude montre donc que l'acidité intra- osophagienne, quelle que soit
son origine, peut augmenter la réactivité bronchique à des stimulus non spécifiques,
et que tout RGO modéré ou majeur peut aggraver un asthme.
Reflux gastro-oesophagien et temps de transit colique.
De nombreux travaux ont décrit la présence
de troubles fonctionnels se traduisant par des anomalies objectives osophagiennes
et gastriques chez les patients colopathes (contractions anormales, diminution
de la pression du SIO, RGO pathologique). A l'inverse l'étude objective de
la fonction colique chez les patients présentant une symptomatologie typique
de RGO n'a pas été rapportée.
Tableau : Le temps de transit colique est comparable chez le sujet
dyspeptique présentant un RGO pathologique ou un RGO normal.
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Groupe N (n=17) |
Groupe P (p=15) |
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| Côlon droit |
11.7±1.7 h |
16.2±3.9 h |
NS |
| Côlon gauche |
14.9±3.3 h |
13.9±4.1 h |
NS |
| Recto sigmoïde |
9.3±3.2 h |
7.9±1.5 h |
NS |
| Total |
35.9±6.5 h |
38.0±7.7 h |
NS |
Nous nous sommes proposés de rechercher d'éventuelles anomalies du transit
colique chez les patients souffrant de RGO. Chez 32 sujets consécutifs (13
femmes, 19 hommes âgés de 48±5 ans), adressés pour exploration d'un RGO symptomatique.
La pH-mètrie des 24 heures a été réalisée en milieu hospitalier dans des conditions
standardisées, à l'aide d'un pH - mètre ambulatoire PROXIMA LIGHT. Cet examen
a permis de trouver chez 17 patients (Groupe N) des résultats compatibles
avec la normale (temps de pH<4 <4.2%) et chez 15 patients (groupe P) des résultats
pathologiques.
La mesure du temps de transit colique a été réalisée selon la méthode précédemment
décrite. Après absorption quotidienne, à 9 heures, de 10 marqueurs pendant
6 jours, un ASP était réalisé le 7ème jour à 9h. Le temps de transit total
ou segmentaire (T) est calculé à l'aide de la formule T=2.4*n, où n est le
nombre de marqueurs dans la zone d'intérêt. L'analyse statistique a été réalisée
à l'aide du tests non paramétriques.
Les TTC segmentaires et totaux des 2 groupes sont exprimés dans le Tableau
1 sous la forme M±SEM. De plus, il n'existe pas de corrélation entre le TTC
et l'importance du reflux (p=NS).
La présence et l'importance du RGO ne sont donc pas liés à un trouble du transit
colique.
Chronobiologie du RGO.
La physiopathologie du RGO fait intervenir de nombreux phénomènes présentant
une rythmicité circadienne : sécrétion et vidange gastrique, fréquence des
déglutitions... Nous avons recherché une rythmicité du RGO et une caractérisation
de ces rythmes selon l'intensité du RGO.
Chez 204 patients consécutifs, la réalisation d'une pH-mètrie de 24 heures,
à l'aide d'un système Holter sous alimentation standardisée, a permis de distinguer
les individus présentant un RGO compatible avec la normale (N=84) de ceux
présentant un reflux pathologique (N=120). Pour chaque patient, cinq paramètres
horaires sont calculés à l'aide d'un logiciel spécifique, écrit dans notre
laboratoire : pH moyen, coefficient de variation, nombre de reflux, pourcentage
de temps à pH<4, durée moyenne d'un reflux.
L'examen des valeurs obtenues a permis de démontrer chez l'individu normal
(
Figure),
une rythmicité du RGO, se traduisant par un pH moyen nocturne plus acide et
un nombre de reflux diurnes plus élevé. Par contre, cette rythmicité n'est
pas retrouvée chez les patients présentant un RGO pathologique.
Motricité de l'osophage, reflux gastro-oesophagien et obésité.
L'obésité sévère est fréquemment associée au reflux gastro-oesophagien (RGO),
du fait d'un retard de la vidange gastrique et d'une augmentation de la pressionintra-abdominale.
Cependant, la prévalence du RGO dans cette pathologie est mal connue. Le but
de cette étude est d'apprécier chez les patients souffrant d'obésité grave
(IMC>30), la prévalence du RGO et de rechercher la présence de troubles moteurs
oesophagiens.
L'étude a porté sur 24 patients consécutifs (3 hommes),âgés de 39.4±1.7 ans,
candidats à une gastroplastie pour traitement d'une obésité morbide (119±4
kg, 163±2 cm, IMC 44.2±1.4). L'exploration comportait un questionnaire afin
de rechercher des signes fonctionnels gastro-oesophagiens selon les critères
de Rome II, et une exploration fonctionnelle de l'osophage(manométrie et pH-métrie
ambulatoire de 24 heures). Les résultats ont été comparés aux normes de notre
laboratoire.
Une symptomatologie fonctionnelle gastro-oesophagienne a été retrouvée chez
10 patients (42%). Par ordre de fréquence : dyspepsie non spécifique (4 cas),
dyspepsie pseudo-motrice et pseudo-ulcereuse (3 cas),globus, rumination, précordialgies,
dysphagie (2 cas). L'endoscopie osophagienne a montré une hernie hiatale inférieure
à 3 cm chez 7 sujets, un gastrite dans 2 cas. La recherche d'Helicobacter
a toujours été négative. L'examen pH-métrique a montré un nombre élevé d'épisodes
de RGO (102±25, N<50)et une augmentation de la durée d'exposition acide du
bas oesophage (pH<4:23.1±5.3%, N<4.2%). Il n'a été rerouvé normal que chez
6 sujets (25%). Du point de vue manométrique, 8 sujets présentaient une hypotonie
du sphincter inférieur de l'osophage (<12 mm Hg), 10 (42%) une hypotonie des
ondes péristaltiques (<40mm Hg), 8 (33%) une augmentation de la durée de ces
ondes (>6 s), et 12 (50%)une hypotonie du sphincter supérieur de l'osophage
(<35 mm Hg).
Malgré l'absence de pyrosis, le RGO est fréquent dans la population présentant
une obésité sévère. Il est favorisé par les anomalies motrices de l'osophage
et l'hypotonie cardiale.