Détermination des propriétés mécaniques passives de l'intestin

Les méthodes habituelles de détermination des propriétés rhéologiques des matériaux à l'aide "d'expériences de déformation sous l'action de contraintes" se heurtent aux caractéristiques des muscles lisses unitaires qui répondent par une contraction à une stimulation électrique ou mécanique. De plus, ces muscles possèdent une activité spontanée qui persiste après dénervation. Les contractions se font de manière rythmique, chaque segment ayant un rythme caractéristique.

Une difficulté supplémentaire rencontrée dans l'analyse des propriétés des muscles lisses trouve son origine dans leur localisation En effet, contrairement aux muscles striés qui sont des organes anatomiquement définis de forme et de longueur peu variables, les muscles lisses s'intègrent avec d'autres tissus pour former des organes dont le volume et la forme peuvent varier physiologiquement dans de très larges limites (utérus, vessie, rectum).

Une conséquence importante en est que la contractilité des muscles lisses n'est qu'un aspect, important sans doute, des phénomènes mécaniques dont les organes musculeux sont le siège mais que les déformations des organes ou des muscles lisses en fonction de forces variables jouent un rôle important dans leur physiologie. Nous avons développé une méthode d'étude des propriétés mécaniques de l'intestin à l'aide d'un ban de déformation spécifique (Figure) Il est donc classique d'étudier les propriétés actives et passives de ces muscles. Les différentes méthodes proposées pour supprimer les contractions utilisaient soit des moyens physiques (froid, dépolarisation musculaire), soit des moyens chimiques (chélateurs du calcium, sympathomimétiques). Cependant, de nombreux travaux ont montré que les propriétés passives des muscles lisses dépendent de la méthode utilisée pour supprimer l'activité autonome musculaire.

Lorsqu'on soumet un segment d'intestin à un échelon de déformation e, la contrainte s(e,t) exercée sur l'éprouvette diminue en fonction du temps malgré le maintien de la distension. (Figure) Nous avons donc proposé de définir les propriétés passives comme l'enveloppe inférieure de la courbe de relaxation. Cette méthode permet de s'affranchir de l'utilisation d'agents modificateurs du comportement. La partie supérieure de la courbe représente donc les propriétés actives du segment étudié.